Le blog du BIM

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Le BIM en Alsace un an après

Ils parlent du BIM

« Intégrer le BIM dans la prestation de base de la maîtrise d’œuvre  »

Deux après le lancement de plusieurs projets en BIM, la Région Alsace fait un premier bilan de leur état d’avancement. Interview de Pascal Weibel, directeur de la Construction et de l’Immobilier, et Daniel Schnitzler, de l’Agence territoriale de Strasbourg.

 

Pascal Weibel ,
directeur de la Construction et de l’Immobilier

Le Blog du BIM : À quel stade en sont les projets lancés en 2015 ?
Pascal Weibel : Le projet le plus avancé est la construction d’un centre de recherche : CRT (Centre de Ressources Technologiques) matériaux Alsace et Holo 3 Réalité Virtuelle, centre de transfert de technologie spécialisé dans les techniques optiques et d'imagerie. Il s’agit d’un bâtiment neuf de 2 270 m² et de la restructuration de locaux sur 500 m² au bénéfice de ces deux structures, mais également du lycée Gutenberg accueillant ces CRT, pour un budget de 5,1 millions d’€. Nous en sommes à la phase de consultation pour l’attribution des marchés. Les travaux devraient démarrer sous peu, pour une livraison envisagée fin 2017, ou tout début 2018. Une charte BIM et la maquette numérique ont été mises à disposition des entreprises afin qu’elles puissent s’approprier l’outil et mettre à jour les données sur la base des éléments existants. Cela nous permet déjà d’envisager l’utilisation de la maquette pour la maintenance et l’exploitation. Le 2e projet est la création du Pôle hôtelier d’excellence d’Illkirch, avec le rapprochement du CEFPPA Adrien Zeller et du lycée Alexandre Dumas. Ce projet complexe présente toutes les configurations de bâtiment : construction d’un bâtiment neuf de 3 000 m² et restructuration de locaux techniques sur 6 000 m², avec 800 m² d’extension, pour un budget de 35,7 millions d’€. Nous en sommes à la validation de l’APD et les travaux devraient s’échelonner de fin 2017 à 2022.

Daniel Schnitzler,
directeur de l’Agence territoriale de Strasbourg

LBDB : Quels sont les enseignements du BIM sur ces deux projets ?
Daniel Schnitzler : Le premier bénéfice s’observe dès la phase de jury de maîtrise d’œuvre car cela permet de visualiser directement les solutions proposées. À ce stade, l’intérêt du BIM ne réside pas dans l’objet lui-même, c’est surtout la notion de 3D qui est recherchée. Ensuite, la différence se fait sur la conduite des études. C’était le premier projet en BIM de l’agence d’architectes Antonelli & Herry et ils sont totalement convaincus ! Cela leur a permis de voir clairement et de gérer tous les conflits entre les lots techniques et les lots architecturaux dès le stade de l’APS. D’ailleurs, pour moi, cela requestionne les éléments de mission de la loi MOP et les délais prévus en APS et APD. A la lecture de ces nouveaux éléments, je pencherais davantage pour allonger le délai d’APS, ce temps étant rapidement rattrapé ensuite au stade de l’APD et du PRO/DCE. Nous avons fait le même constat sur le 2e projet : si l’agence Rey & Lucquet a également pu identifier les conflits très tôt, elle aurait souhaité disposer de plus de temps en APS pour élaborer sereinement la maquette.

P. W. : Oui, cela semblerait logique de bien mettre en place le référentiel au départ et de profiter de ce calage pour dérouler plus efficacement les phases suivantes. Cette recherche de purge des situations conflictuelles entre les différentes composantes du bâtiment doit pouvoir s’effectuer le plus en amont possible. Le BIM permet de le faire en phase études plutôt qu’en phase travaux.

LBDB : Vous êtes-vous heurtés à des difficultés sur ces deux projets ?
D. S. : C’est une interrogation plus qu’une difficulté, mais nous n’avons pas désigné de BIM manager sur ces deux projets. Si sur le 1er, ça ne semblait pas être une nécessité, sur le 2e, en revanche, la question reste entière. Car nous avons rencontré quelques ennuis, notamment avec certains bureaux d’études techniques. La maquette 3D n’avait pas été intégrée dès le départ mais réalisée en aval des études, à partir de plans 2D. Un niveau de contrôle plus important et régulier aurait peut-être permis d’éviter ces déconvenues.

P. W. : C’est dommage d’en être arrivés là car nous avons pris le parti de ne pas identifier le BIM comme une mission complémentaire mais de l’intégrer dans les prestations de base de la maîtrise d’œuvre. Autre écueil : les deux projets sont en BIM niveau I, l’import-export occasionnant des pertes de données au sein de l’équipe de maîtrise d’œuvre, malgré l’utilisation des IFC, puisque sur ce dernier projet les architectes et les BE ne travaillent pas sur les mêmes logiciels. L'interopérabilité entre les différentes solutions logicielles n'est pas encore tout à fait efficiente, imposant une vigilance dans les protocoles d'échanges au sein des équipes et des différents utilisateurs de la maquette numérique. D'une façon générale, toute la filière doit adopter de nouveaux comportements afin de développer de bonnes pratiques.

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